Sur les pas de Richard Cœur de Lion
Pendant le déjeuner, le bateau reprend sa descente de la Wachau, vallée vinicole classée au Patrimoine mondial de l’Unesco, pour atteindre la bourgade médiévale de Dürnstein. Les vignes artistiquement aménagées sur des terrasses soutenues par des murs de pierres sèches ondulent sur les coteaux bordant le fleuve. Nous sommes dans le verger de l’Autriche, le pays où l’abricot (Marille en autrichien) est roi. Récolté fin juillet, ce fruit est au cœur de nombreuses préparations culinaires, comme nous le constaterons à Dürnstein. Considéré comme la perle de cette vallée danubienne, le village est dominé par les ruines de la fameuse forteresse où le roi Richard Cœur de Lion fut emprisonné à son retour de croisade.

Vignoble et ruines de la forteresse de Dürnstein.

Vignoble et ruines de la forteresse de Dürnstein.

Bibliothèque baroque de l’abbaye de Melk.

Un sentier permet de grimper jusqu’aux ruines du château d’où l’on découvre une superbe vue sur la vallée du Danube.

Au cœur du village, on découvre l’abbaye des Augustins et la Stiftskirche. Flanquée de son élégant clocher baroque bleu-ciel – un des principaux emblèmes de la Wachau – elle séduit d’emblée par la profusion et la richesse de ses décors.

L’élégant clocher baroque de l’église de Dürnstein est un des principaux emblèmes de la Wachau.

L’élégant clocher baroque de l’église de Dürnstein est un des principaux emblèmes de la Wachau.

La localité a conservé en grande partie son aspect médiéval. Seule ombre au tableau, elle est très touristique ; en fait pratiquement tout le monde vit ici du tourisme, d’où la multitude d’échoppes de souvenirs (beaucoup d’objets made in India), de spécialités locales à base d’abricots et de restaurants.

En fin d’après-midi, le bateau quitte le port pour sa prochaine destination : Bratislava en Slovaquie. Notre navire glisse doucement sur ce majestueux cours d’eau qui constitue, tant du point de vue de la civilisation que de la géographie, un trait d’union sans pareil entre l’Occident et l’Orient. Nous optons pour le pont soleil, poste stratégique pour observer la circulation fluviale. On croise de nombreux bateaux de plaisance et des barges chargées de sable qui traînent dans leur sillage toute la rudesse des travaux et des jours.

Cerné de collines boisées et de petits châteaux accrochés à leurs flancs, le Danube s’étire jusqu’à Krems pour s’étaler plus aval dans la vallée et se diviser en bras multiples autour d’îlots plantés de saules.

Farniente sur le pont soleil.

Farniente sur le pont soleil.

Presbytère de Schönbühel.

Presbytère de Schönbühel.

En vérité, le Danube n’est pas aussi bleu que l’opérette le laisse entendre. Dans sa partie autrichienne les flots sont d’un vert sombre et profond, reflets des frondaisons qui s’y noient. Allongés sur des transats, d’anciens élèves d’une grande école devisent gaiement, un verre de chardonnay à la main. Tandis que d’autres passagers retrouvent l’ennui qu’ils espéraient laisser chez eux. Au soir tombant, nous atteignons l’écluse d’Altenwörth, un ouvrage impressionnant (230 m x 24 m) qui fait se presser les passagers sur le pont.

L’écluse d’Altenwörth est un ouvrage de 230 m x 24 m.

L’écluse d’Altenwörth est un ouvrage de 230 m x 24 m.

Pendant la navigation de nuit, nous passerons celle toute aussi imposante de Greifenstein.