Sous le charme de Bratislava
L’ancienne Presbourg, capitale de la Slovaquie depuis 1993, séduit avec ses airs de provinciale et sa vieille ville ponctuée d’influences autrichiennes, hongroises, tchèques et bien sûr slovaques. Le château du IXe siècle a été brûlé en partie lors d´un incendie en 1811 et reconstruit dans sa forme originale dans les années 1960.

Le château de Bratislava a été reconstruit dans les années 1960.

Le château de Bratislava a été reconstruit dans les années 1960.

Du haut de la colline où il est perché, on jouit d’une belle vue sur le Danube et sur une cité peu radieuse des années communistes : Petrajalka, la plus grande cité dortoir d’Europe. Nous n’aurons que quelques heures pour flâner dans les petites rues du vieux centre et découvrir ses maisons aux teintes pastel et ses églises baroques. Sur la place, devant le siège de l’ambassade de France, veille la statue d’un soldat napoléonien. Facétie slovaque pour rappeler que les armées de Napoléon tirèrent au canon sur la ville pour qu’elle leur ouvre ses portes ? Sur la place Primatiale, on admire l’ancien palais épiscopal, aujourd’hui mairie de Bratislava, qui abrite la fameuse salle aux Miroirs où fut signée, en 1805, la paix de Presbourg entre la France et l’Autriche, trois semaines après la bataille d’Austerlitz. Magnifique bâtisse classique, elle jouxte le plus ancien édifice de la ville : la mairie du XIVe siècle, avec sa cour dallée ceinte d’arcades, qui abrite le musée de la ville.

L’Hôtel de ville de Bratislava est une fascinante mosaïque de styles différents dont la partie la plus ancienne remonte au XIVème siècle.

L’Hôtel de ville de Bratislava est une fascinante mosaïque de styles différents dont la partie la plus ancienne remonte au XIVème siècle.

Enfin, n’oublions pas de saluer la figure de Cumil, plus connu sous le nom de « Man at work ». Cette statue insolite au sourire malicieux, créée par Victor Hulík en 1997, est aussi prisée des touristes que des habitants.

Cumil est-il en passe de sortir de son égout, de se reposer, ou de regarder sous les jupes des filles ?

Cumil est-il en passe de sortir de son égout, de se reposer, ou de regarder sous les jupes des filles ?

De retour au bateau, nous partons pour une longue navigation vers la Hongrie que nous atteignons le lendemain matin. C’est là, un peu en aval de la Morava, que se déroule le véritable Danube hongrois. « Il y prend des allures de grand fleuve, après n’avoir guère été que rivière dans sa traversée de l’Autriche », notait Jules Verne dans Le secret de Wilhelm Storitz. Sinuant dans un relief peu élevé, le fleuve s’élargit et dessine d’innombrables îles et hauts fonds où s’échouent de nombreux troncs d’arbre. Ses rives sont changeantes, le courant tantôt les ronge, tantôt leur apporte des alluvions. L’essentiel du Danube se retrouve ensuite canalisé côté slovaque entre de hautes digues qui encadrent un fleuve large maintenant de 500 mètres, dompté et calmé par de puissants barrages dotés d’écluses atteignant 20 mètres de haut. Telle celle de Gabcikovo qui mesure 280 m de long et 34 m de large et permet à 6 bateaux de croisières de passer d’un bief à l’autre en même temps.

De la passerelle ou depuis le bateau, l’écluse de Gabcikovo est une attraction à ne pas rater.

De la passerelle ou depuis le bateau, l’écluse de Gabcikovo est une attraction à ne pas rater.

Après l’écluse, on glisse lentement entre des berges naturelles densément boisées. Quelques cahutes de pêcheurs et des maisonnettes coquettes, montées sur barge flottante pour s’adapter aux crues parfois fortes, accueillent des familles le week-end.