Les lupins (Lupinus nootkatensis) en fleurs enchantent les paysages islandais en juin et juillet. Cette plante n'appartient pas à la flore endémique de l'Islande. Ils ont été introduits d'Alaska en 1945 par le service des "Eaux et Forêts" islandais, dans le but d'enrayer la désertification de certaines zones et de lutter contre l’érosion des sols, notamment dans l'intérieur de l'Islande.

Dans ce pays où le feu des volcans couve sous les glaciers, le voyageur découvre une île sauvage et mystérieuse, décor de laves arides illuminé par une flore boréale. Visite dans les jardins du diable.

C’est la plus jeune terre de notre planète, à peine 60 millions d’années. Située à mi-chemin entre le vieux continent et l’Amérique, cette île hautement volcanique est un condensé de leçon de géologie à ciel ouvert. Une œuvre d’art toujours en évolution où les geysers, les chutes d’eau, les glaciers, les déserts de basalte, les plages de sable noir sont les tableaux toujours mouvants d’une nature indomptée. L’air, le feu, la glace en sont les artistes.

Goðafoss, la chute des dieux, est proche de la route qui mène de Mývatn à Akureyri.

Goðafoss, la chute des dieux, est proche de la route qui mène de Mývatn à Akureyri.

Une lagune dans le sud de l’Islande au bord de la Route n° 1.

Une lagune dans le sud de l’Islande au bord de la Route n° 1.

Vous l’aurez compris : arriver en Islande, c’est un peu comme atterrir sur une autre planète ! Dès la sortie de l’aéroport, l’environnement est lunaire. De chaque côté de la route qui mène à la capitale, Reykjavík, seulement des champs de lave noire, à perte de vue. Mais surtout ce qu’on remarque d’emblée, c’est l’absence de végétation arborescente. Il existe pourtant bien quelques minuscules endroits boisés de bouleaux et de sorbiers qu’ici on nomme pompeusement « forêts », mais il faut les chercher. Une vieille blague locale assure d’ailleurs que pour voir la limite d’une forêt islandaise, il suffit de se mettre debout ! Ces forêts font partie d’un programme gouvernemental de reboisement et sont même clôturées pour les protéger de la voracité des moutons qui se promènent en totale liberté dans l’île.
Dans ces déserts de pierres et de cendres, la moindre plante prend alors des allures de pionnière.

Tapis de mousse dans un champ de lave.

Tapis de mousse dans un champ de lave.

Une touffe de Silène maritime (Silene maritima) illumine un champ de scories et de pierres ponce.

Une touffe de Silène maritime (Silene maritima) illumine un champ de scories et de pierres ponce.

Tout d’abord les lichens, première forme de vie végétale. Avec 500 espèces dénombrées, ils sont une composante majeure de la flore islandaise. Dans les failles et les chaos nés des effondrements de laves visqueuses, de fines particules de terre (le lœss) transportées par le vent ont été piégées en quantité suffisante pour permettre leur implantation. Cette obstination de la vie, on la rencontre dans les endroits les plus inattendus de l’île. Du littoral rocheux arrosé par les embruns aux hauts plateaux du centre, battus par les vents et les pluies cinglantes. La plus connue, l’épilobe arctique, perce le lit caillouteux des rivières taries, offrant ses fleurs d’un pourpre rare au visiteur de passage.

L’austère beauté du volcan Herdubreid contraste avec la douceur d’un tapis d’épilobes des moraines (Epilobium fleischeri) qui prospère dans une étendue de cendres volcaniques noires. Cette vivace s’épanouit de fin Juin à Août. Sa racine rouge contient une substance antigel : l'anthocyanine.

L’austère beauté du volcan Herdubreid contraste avec la douceur d’un tapis d’épilobes des moraines (Epilobium fleischeri) qui prospère dans une étendue de cendres volcaniques noires. Cette vivace s’épanouit de fin Juin à Août. Sa racine rouge contient une substance antigel : l’anthocyanine.