Couverture lumière rire du ciel

Ce livre dévoile un aperçu de la palette de Yahne Le Toumelin, peintre et nonne bouddhiste, mère de Matthieu Ricard, moine et interprète du Dalaï-lama.
De ses débuts surréalistes à Mexico auprès de Leonora Carrington puis d’André Breton, elle garde un goût prononcé pour l’onirique et l’imaginaire.

Un ange dans la soupe, 1991.

Un ange dans la soupe, 1991.

Ses tableaux, empreints d’un lyrisme certain, nous plongent dans un univers de couleurs où la lumière éclabousse le regard et est utilisée comme point de force. Parfois scintillante, souvent sobre, toujours puissante, sa peinture a évolué au fil des ans, allant vers plus d’abstraction. En regardant ses toiles, on devine la fugacité du geste et « cette lumière qui est en tous et en tout ».

« Nous avons tous cette nature du Bouddha, dit-elle. Il suffit de s’y éveiller en la débarrassant des émotions désordonnées, des obsessions des concepts, des attachements à des besoins surmultipliés dans une société qui appelle l’homme un consommateur et dont l’avidité se traduit par une soif inextinguible. Tout ce qui nous harcèle obscurcit notre vraie nature. En fait, les gens ont une foi aveugle et puérile dans la solidité des choses et dans l’illusoire permanence de ce qui est composé et donc, se décompose. »

Maître Dogen, 2000.

Maître Dogen, 2000.

Les bouddhistes ne croient pas dans l’illusion du monde qu’ils considèrent comme un mirage ou un rêve dont ils peuvent s’éveiller. Yahne Le Toumelin le montre dans ses tableaux. En se laissant porter par sa peinture, on sent la disparition graduelle de l’existence, un espace paisible qui s’oppose au tumulte du monde. Une perception d’infini qui invite à la méditation.

Yahne Le Toumelin avec son fils Matthieu Ricard.

Yahne Le Toumelin avec son fils Matthieu Ricard.

Née en 1923 de parents bretons émigrés à Paris, Yahne peint depuis le plus jeune âge. Après sa première exposition à Paris en 1957, elle participe à de nombreux salons jusqu’en 1970. Parallèlement, elle se sent attirée par l’exemple et le choix de vie d’Alexandra David-Neel. Ordonnée nonne par Sa Sainteté Karmapa en 1968 au Sikkim, elle reste quelques années près de son « sublime Maître » Nyingmapa, puis passe une trentaine d’années en séjour dans les Himalayas. Elle vit et peint depuis 1977 dans un centre bouddhiste en Dordogne.

www.rireduciel.com

Texte : Brigitte Postel

Livre
Lumière – rire du ciel
Yahne Le Toumelin
Préface de Matthieu Ricard
Editions de la Martinière – 50 €