Il y a plusieurs Amiens. Celle de la pierre, monumentale, dominée par Notre-Dame. Celle de l’eau, secrète et silencieuse, qui se glisse entre les jardins des hortillonnages. Celle des peintres et des collectionneurs, abritée derrière les façades du musée de Picardie. Et puis celle de Jules Verne, qui choisit cette ville tranquille pour rêver le monde. Quatre visages pour une promenade à travers près de deux mille ans d’histoire.

Notre-Dame, le grand vaisseau de pierre

On la voit avant même de l’atteindre. Une flèche au-dessus des toits, puis deux tours, et soudain la façade tout entière. Notre-Dame d’Amiens possède cette qualité des très grands monuments : les chiffres, si impressionnants soient-ils, ne disent pas tout. Il faut se placer devant elle, lever la tête, laisser le regard se perdre dans cette foule de prophètes, d’apôtres, de saints et de rois qui peuplent ses portails.
Construite pour l’essentiel au XIIIᵉ siècle, la cathédrale affirme alors la puissance d’une cité enrichie par le commerce, notamment celui de la waide, cette plante tinctoriale dont on tirait un bleu très recherché. Mais la prospérité n’explique pas seule l’entreprise. Il fallait aussi édifier un écrin digne d’une précieuse relique : le chef de saint Jean-Baptiste, autrement dit une partie de son crâne, rapporté de Constantinople à Amiens en 1206 par le chanoine picard Wallon de Sarton.
© Raymond Spekking/Commons.

Quand la pierre semble perdre son poids

France. Cathédrale Notre-Dame d’Amiens. Les arcs-boutants contrebutent la poussée des voûtes et assurent la stabilité de l’édifice.© CEphoto, Uwe Aranas/Commons.

Nous sommes en 1218. Un incendie ravage l’ancienne cathédrale. Deux ans plus tard commence l’aventure. Le premier maître d’œuvre se nomme Robert de Luzarches. Thomas de Cormont lui succède, puis son fils Renaud de Cormont. Ces hommes vont participer à l’une des aventures architecturales les plus audacieuses de leur siècle.
Le défi est immense : bâtir toujours plus haut tout en ouvrant largement l’édifice à la lumière. Pour y parvenir, les maîtres d’œuvre disposent des ressources de l’architecture gothique : arcs brisés, voûtes d’ogives et arcs-boutants répartissent les poussées et permettent d’alléger les murs. La pierre semble perdre son poids.
Dès l’entrée, le regard monte. Les voûtes culminent à 42 mètres. Et pourtant, rien ne paraît écrasant. Les piliers conduisent l’œil vers les hauteurs, les vitraux laissent entrer la lumière, les lignes verticales semblent aspirer tout le monument vers le ciel. Voilà le paradoxe gothique : construire avec des tonnes de pierre et donner une impression de légèreté presque immatérielle.

France. Tympan du portail du Jugement dernier de la Cathédrale d’Amiens. Le Christ trône au centre et montre ses plaies, entouré d’anges portant les instruments de la Passion. En dessous, la pesée des âmes par l’Archange Saint Michel. Sur le linteau inférieur, les morts sortent de leurs tombeaux à l’appel des trompettes des anges. © C. Lasseur.

Approchons-nous des portails. Des centaines de personnages nous regardent. Prophètes, apôtres, saints, anges, rois : toute une humanité sculptée s’est donné rendez-vous sur la façade occidentale. Au XIIIᵉ siècle, beaucoup de ceux qui arrivaient ici ne savaient pas lire. Alors la cathédrale racontait. Elle était livre, théâtre, récit d’histoire sainte.
Et surtout, elle n’était pas grise. Les sculptures étaient peintes. Du rouge, du bleu, de l’or. Imaginons la foule sur le parvis, les marchands, les pèlerins, le son des cloches, les odeurs, les couleurs. Notre-Dame était le cœur battant de la ville.

De Ruskin à Proust, lire la cathédrale

France. La cathédrale d’Amiens vue depuis la place du Don. © Jean-Pol Grandmont.

Au XIXᵉ siècle, John Ruskin, l’un des grands critiques d’art de l’Angleterre victorienne et passionné d’architecture gothique, découvre Amiens et se passionne pour sa cathédrale au point de lui consacrer un livre : The Bible of Amiens, La Bible d’Amiens. Le titre résume son regard. Pour Ruskin, Notre-Dame est un texte. Chaque statue possède un sens, chaque personnage appartient à une histoire, chaque détail mérite d’être déchiffré. Mais Ruskin comprend aussi une chose essentielle : un monument commence avant le monument. Pour découvrir Notre-Dame, il invite à prendre ses distances, à traverser la ville, à franchir l’eau, à regarder la cathédrale dans son paysage avant de revenir vers elle par les petites rues.
Quelques années plus tard, un autre homme marche dans les pas de Ruskin. Il est français, il a une trentaine d’années et n’a pas encore écrit À la recherche du temps perdu. Il s’appelle Marcel Proust.
Proust admire profondément Ruskin et entreprend de traduire La Bible d’Amiens. Mais traduire Ruskin ne suffit pas : il faut aller voir. Proust vient donc à Amiens. Imaginons-le devant le portail, le livre de Ruskin à la main. Il cherche une statue, lève les yeux, relit une phrase, compare. L’homme qui consacrera bientôt son œuvre à explorer la mémoire, les sensations et le temps apprend ici à regarder les traces laissées par les siècles. En 1904 paraît sa traduction de La Bible d’Amiens, accompagnée d’une longue préface et de nombreuses notes.

Saint Martin partage son manteau devant les tours de la ville d’Amiens. Fresque de Franz Seraph Kirzinger (1764). Thaining. © Edelmauswaldgeist/Commons

Pourtant, l’une des plus anciennes histoires chrétiennes attachées à Amiens ne s’est pas déroulée dans une église. Il faut remonter au IVᵉ siècle, vraisemblablement durant l’hiver 337. La ville s’appelle encore Ambianorum. Un jeune soldat romain nommé Martin rencontre, aux portes de la cité, un homme pauvre transi de froid. N’ayant rien d’autre à lui donner, il tire son épée, partage son manteau et lui en offre une partie. Le geste ne dure que quelques secondes. Mais il traversera les siècles. Martin deviendra évêque de Tours et l’un des saints les plus populaires d’Occident. Mais Amiens peut revendiquer le commencement de cette extraordinaire destinée : un soir d’hiver, un soldat et un manteau partagé. Près de neuf siècles plus tard, Notre-Dame s’élèvera vers le ciel.
À Amiens, la grande histoire chrétienne tient ainsi entre deux images : l’humilité d’un morceau d’étoffe et la démesure d’une cathédrale.

Les hortillonnages, une ville sur l’eau

France. Les jardins maraîchers ou Hortillonages d’Amiens.© Vassil/Commons.

Dans ce pays de Somme, l’eau n’est pas une intruse qui se cache au fond des ravins ; elle est la reine absolue, une bête liquide aux mille bras de silence qui enserre la ville et invente une campagne suspendue.
Les Hortillonnages. Le mot lui-même sent la glèbe grasse, le limon lourd et la verdure souveraine. Sur plusieurs centaines d’hectares, un extraordinaire réseau de canaux, les rieux, découpe des centaines de parcelles. Pendant des siècles, les hortillons y cultivèrent légumes, fruits et fleurs destinés aux marchés d’Amiens.

Aux Hortillonages d’Amiens, on embarque sur une barque à cornet (« jon boat » en anglais), une de ces nefs de bois noir qui glissent sans blesser le courant. © Laurent Rousselin.

Dès les premiers frémissements d’hélice, le monde des hommes s’efface. La ville s’engloutit derrière un rideau de saules pleureurs dont les branches pendent comme des chevelures de filles sauvages. Le canal se rétrécit, devient un « rieu », une veine étroite où bat le sang vert de cette Venise de boue et de fleurs.
Ici, la terre n’est pas ferme ; elle est vivante, spongieuse, pétrie par des générations de maraîchers au dos brisé. Ces hommes ont arraché la vase au fond des fossés pour en faire des îles, des autels de terre noire où l’on cultive la vie. Une odeur puissante monte des berges : un parfum de menthe sauvage écrasée, de roseaux pourris et de limon fertile qui fermente sous le soleil pâle. C’est une odeur de genèse, le parfum même de la création du monde.
À droite, un lopin de terre s’avance, lourd de choux ventrus aux feuilles bleuâtres, de poireaux fiers comme des hallebardes et de salades frisées qui boivent la rosée à pleins poumons. La nature ici n’est pas domptée, elle est complice. Elle pousse avec une fureur tranquille. Les arbres – des aulnes, des noisetiers, des peupliers trembles – montent la garde. Le vent passe dans leurs feuillages avec un bruit de vagues lointaines, un murmure de rivière céleste.
Soudain, un grand héron cendré jaillit d’un massif de joncs. Il s’élève sans hâte, lourd et majestueux, comme une idée grise qui traverse un esprit en paix. Le clapotis de l’eau contre le flanc de la barque rythme le temps. Un temps long, paysan, qui se moque des horloges des hommes.
Le soleil perce enfin la brume. Sa lumière n’éclate pas, elle infuse. Elle donne aux nymphéas des éclats de porcelaine et fait briller les gouttes d’eau comme des diamants de pauvre. On croise une cabane de planches goudronnées, tapie sous un sureau noir. On devine qu’ici, un homme peut vivre heureux avec trois fois rien : un panier de légumes, le chant d’une rousserolle et la certitude que l’eau continuera de couler.
Les canaux se croisent, se divisent, forment un labyrinthe de paix où l’âme se perd pour mieux se retrouver. C’est une patrie de l’eau et de la feuille, un royaume de l’immobilité en mouvement où la solitude n’est jamais de l’isolement, mais une communion secrète avec la sève du monde.

La barque avance lentement entre deux berges. Des saules se penchent sur les canaux, des passerelles franchissent l’eau, quelques maisons apparaissent derrière les feuillages. Le bruit de la ville s’estompe. Et soudain, entre deux rideaux d’arbres, la flèche de la cathédrale réapparaît. C’est peut-être l’une des plus belles images d’Amiens : Notre-Dame aperçue depuis les jardins flottants. La pierre et l’eau, que l’on croyait appartenir à deux villes différentes, se retrouvent dans le même paysage.
Après la verticalité de Notre-Dame et le silence végétal des hortillonnages, le musée offre une troisième manière de lire Amiens : par les images.

Le Musée de Picardie, un palais pour l’art

Le musée de Picardie à Amiens, édifié au XIXᵉ siècle, fut l’un des premiers bâtiments français conçus spécifiquement pour accueillir des collections d’art. © TRambeau/Commons.

Quelques rues et nous changeons de nouveau de siècle. Le Musée de Picardie appartient pleinement au XIXe. À cette époque, la France croit aux vertus de la connaissance. On collectionne, on classe, on inventorie. L’archéologie devient une science. Les musées doivent participer à l’éducation du citoyen. Amiens veut le sien. Mais pas n’importe lequel. On construit un palais. L’escalier, les galeries, les décors : tout rappelle que l’art doit ici impressionner autant qu’instruire. Puis les siècles commencent à défiler. L’archéologie nous ramène à Samarobriva, nom de la ville d’Amiens à l’époque gallo-romaine.

France. Amiens. Pierre Puvis de Chavannes, 1863, Le Travail, Musée de Picardie.

Les collections médiévales répondent à la cathédrale. La peinture nous entraîne vers d’autres époques.
Et bientôt un artiste s’impose : Pierre Puvis de Chavannes (1824-1898) appartient à cette génération qui croit encore à la peinture monumentale. Au Musée de Picardie, ses grandes compositions ne se regardent pas comme de simples tableaux accrochés à un mur. Elles font corps avec le bâtiment. Et soudain un parallèle apparaît. Le matin, sur la façade de Notre-Dame, des sculpteurs du XIIIe siècle racontaient une civilisation dans la pierre. Six siècles plus tard, Puvis de Chavannes tente à son tour de raconter quelque chose de l’homme et de la civilisation sur les murs d’un musée. Les techniques changent. L’ambition demeure. Faire parler les murs.

Jules Verne, Amiens pour port d’attache

Une étrange tour nous attend rue Charles-Dubois. Une sphère armillaire la couronne. Nous voici chez Jules Verne (1828-1905). L’écrivain habite cette maison de 1882 à 1900. Et l’on éprouve immédiatement un délicieux paradoxe. L’homme qui envoya ses héros au centre de la Terre, sous les océans, autour du monde et vers la Lune vivait ici dans une confortable demeure bourgeoise. Le voyage était ailleurs. Dans les livres. Dans les cartes. Dans l’imagination. Verne travaille énormément. Il lit les journaux et les revues scientifiques, suit les inventions, se passionne pour les explorations. Son époque lui offre une matière extraordinaire. Les chemins de fer accélèrent les voyages. Les paquebots traversent les océans. Le télégraphe précipite l’information. Les cartes se remplissent. Le monde semble devenir plus petit au moment même où il offre des possibilités infinies. Jules Verne transforme cette révolution en littérature. Il ajoute simplement aux connaissances de son temps une machine que personne ne peut breveter : l’imagination.
© Pierre André Leclercq/Commons.

Mais Jules Verne n’est pas seulement le créateur du capitaine Nemo. En 1888, il devient conseiller municipal d’Amiens. L’écrivain participe à la vie de la cité. Le matin, il peut imaginer les confins du monde ; quelques heures plus tard, s’occuper des affaires amiénoises. Il appartient aux deux univers. Le réel et l’imaginaire. Amiens et la planète. Voilà pourquoi sa maison constitue bien davantage qu’un musée littéraire. Elle permet de comprendre comment un homme installé dans une paisible ville de province a pu faire de l’univers entier son territoire.

Vadrouille gourmande à Amiens


Attachez vos serviettes, ouvrez grand vos cœurs et sortez les fourchettes ! On part en vadrouille gourmande à Amiens, au pays où la terre est noire de bonheur et où l’eau des canaux murmure des secrets de cuisine. Une balade de copains, de partage et de trognes réjouies ! Nez au vent, on pousse les portes du vrai terroir picard !

Le matin : Le réveil des maraîchers et la brioche qui s’effiloche

Le jour se lève sur Saint-Leu, tandis que le soleil tente de percer la brume. On a les pieds sur les pavés, les yeux tournés vers les Hortillonnages, ce paradis aquatique où les maraîchers chuchotent à l’oreille des poireaux. On file au Marché sur l’eau. Malgré son nom, les étals se déploient aujourd’hui sur la place Parmentier, au bord de la Somme. Ils perpétuent le souvenir des hortillons qui arrivaient autrefois en barque, chargés des récoltes de leurs jardins. Regardez ces cagettes de carottes fraîches, ces choux dodus encore perlés de rosée ! C’est le pouls de la Picardie qui bat.
Et puis, pour reprendre des forces, on court chez les artisans, les vrais, à la Maison Fréville. On attrape le graal local : le Gâteau Battu. Regardez-moi cette bête ! Un chapeau de gendarme doré comme un soleil d’été, gonflé d’amour, d’œufs frais et de bon beurre de ferme. On le déchire à pleines mains, sans chichi ! La mie est filante, aérienne, elle fond sur la langue comme un baiser. C’est le bonheur du matin, le bonheur tout simple.

Le midi : banquet des copains et crème qui chante

À midi, le ventre gronde et l’appel du bistrot se fait pressant. On pousse la porte des Petits Bonheurs ou du T’Chiot Zinc, des tables de gourmands où les rires fusent et où l’on s’embrasse sur les deux joues. On s’assied sur le bois des chaises, on hume l’air chargé de parfums de casseroles qui mijotent.
Et là, le chef apporte le chef-d’œuvre : la Ficelle Picarde. Ah, la ficelle ! C’est tout un poème. Une crêpe fine et légère qui cache en son sein une duxelles de champignons de Paris hachés menu, des échalotes douces suées au beurre et une belle tranche de jambon blanc. Le tout est nappé d’une crème fraîche épaisse, généreuse, et d’une poignée d’emmental qui a gratiné sous le feu du four. Quand le couteau fend la bête, la crème s’échappe, ça fume, ça embaume la pièce. On sauce le plat avec un morceau de pain bis, en se disant que décidément, la vie est belle quand elle a ce goût-là.


Pour les appétits de géant, on partage une tranche de pâté de canard d’Amiens, un travail d’orfèvre charcutier enserré dans une croûte dorée, ou une Caghuse, ce morceau de porc braisé de longues heures dans les oignons confits et la bière locale. C’est rustique, c’est franc, ça a de la cuisse !

Au goûter : Le pavé d’amande des rois

France. Macaron de la Maison Trogneux à Amiens. © Jeancatteau2017/Commons.

Pour clore cette symphonie des papilles, on fait un crochet par la Maison Jean Trogneux, juste à l’ombre de la grande cathédrale. On vient saluer le gardien du temple du Macaron d’Amiens. Oubliez les petits machins parisiens multicolores ! Ici, le macaron est un seigneur. C’est un petit palet dense, rustique, inchangé depuis le XVIe siècle. Rien que du vrai : de l’amande douce, du miel des ruches du coin, une touche de compote de pommes pour le moelleux. On croque, la croûte résiste une seconde puis s’abandonne dans un cœur tendre et parfumé. Une pure gourmandise qui vous colle un sourire de gosse pour le reste de la journée.
On s’en va d’Amiens le cœur léger et la panse bien remplie, en saluant les chefs et les artisans. Quelle belle France gourmande, mes amis !

Amiens, la ville aux quatre visages


Au terme de la promenade, les quatre Amiens finissent par finissent par se rejoindre. La cathédrale raconte une ville tournée vers le ciel ; les hortillonnages, une cité façonnée par l’eau ; le musée de Picardie en conserve la mémoire, tandis que Jules Verne ouvre grand les portes de l’imaginaire. À Saint-Leu, enfin, Amiens se fait plus gourmande, autour d’une ficelle picarde ou de quelques macarons.
Et peut-être est-ce là le véritable charme d’Amiens. La ville ne cherche pas à éblouir immédiatement. Elle se révèle peu à peu. Amiens se révèle peu à peu. Il faut entrer sous les voûtes de Notre-Dame, glisser en barque le long d’un rieu, pousser la porte du musée, gravir l’escalier de la maison de Jules Verne, puis s’attabler pour goûter quelques spécialités locales. De cette succession d’expériences naît progressivement son identité.
Car rares sont les villes où l’on peut, en une seule journée, traverser vingt siècles d’histoire, naviguer au milieu des jardins et achever son voyage dans le cabinet d’un écrivain qui, depuis Amiens, avait déjà imaginé faire le tour du monde.

Se renseigner

Office de tourisme
23 Place Notre Dame, 80000 Amiens
Téléphone : 03 22 71 60 50
www.amiens-tourisme.com
Réservation d’activités (visites guidées, ateliers…) + suggestions sur le département et la Somme. Des pass  » Amiens coeur de ville  » sont également en vente.

Guide conférencier : Christophe Boulard
christopheboulard01@gmail.com

Texte : Michèle Lasseur
Photos : selon indication