Le delta du Rhône, parfois appelé delta de Camargue, est formé depuis plus de 10 000 ans par le Rhône à son embouchure dans la mer Méditerranée. Il débute à hauteur de la ville d’Arles, où le fleuve divise son cours en deux bras : le Petit-Rhône à l’ouest et le Grand-Rhône à l’est.

Délimitée par ces deux bras du Rhône et par la mer, la Camargue constitue ainsi une sorte d’île que les hommes n’ont cessé d’aménager, au moins depuis le XIe siècle pour les premières relations connues. Ce delta est devenu une terre de différentes cultures, de biodiversité et de tourisme. Au fil des siècles, le climat, le mouvement de la mer, la végétation mais aussi les activités humaines ont façonné ce lieu d’une exceptionnelle beauté.

Camargue. Troupeau de taureaux au Mas de Peint. © S. Grandadam.

Avec une superficie de plus de 930 km², la Camargue est l’un des plus grands deltas fluviaux d’Europe occidentale. Entre rizières et plages sauvages, entre marécages, étangs et salins, le delta renferme un écosystème unique en France. Il marie des paysages sauvages composés d’une subtile mosaïque de milieux et un fort degré d’artificialisation dû à une grande maîtrise de l’eau. Les paysages y montrent plusieurs visages – ceux de la nature, de l’histoire, de l’industrie – qui se découvrent progressivement ou s’imposent d’emblée selon la provenance géographique du visiteur.

France. La Camargue accueille plus de 400 espèces d’oiseaux et abrite l’un des rares habitats européens du flamant rose. © Giles Laurent/Commons.

L’essor des grands mas camarguais

France. Les arènes d’Arles datent de la fin du Ier siècle après J.-C. Elles ont été construites peu après le Colisée et s’inspirent directement de son architecture. À l’époque romaine, elles pouvaient accueillir environ 20 000 spectateurs. © B. Postel.

Arles, située à la pointe septentrionale du delta là où le Rhône se divise, a été qualifiée de “capitale” de la Camargue. Dans les XVIe et XVIIe siècles, de grands domaines appelés mas furent fondés par de riches propriétaires arlésiens. La fin des divagations du Rhône en 1711 marque une étape décisive : l’agriculture progresse dans le delta, suivie d’un endiguement total, de l’extension des salins et du développement des bourgs. C’est dans ce contexte de mise en valeur progressive d’une terre longtemps jugée inhospitalière que les grands mas camarguais ont pris leur essor, dont le Mas de Peint, le Mas du Couvin ou le Domaine de la Tour du Cazeau dans la localité du Sambuc.

Texte : Sylvain Grandadam
Photo ouverture : © Giles Laurent/Commons.