Vienne, Bratislava, Budapest … Une croisière sur le Danube est le voyage rêvé pour les âmes romantiques, les amoureux de l’histoire et tous ceux qui veulent savourer le temps qui passe. En suivre lentement le cours est la meilleure façon de découvrir ses multiples facettes et le riche patrimoine culturel des villes qu’il baigne. Embarquons sans tarder sur le MS Beethoven.

Le MS Beethoven au mouillage au pied de la basilique d’Esztergom.

Le MS Beethoven au mouillage au pied de la basilique d’Esztergom.

« Danube bleu
Si, comme un dieu,
On t’a chanté,
Cœur exalté,
C’est que tes flots,
Rires ou sanglots,
Portent la vie et l’amour
Tout le long de ton parcours ! »
Danube … La simple évocation de son nom suffit à s’imaginer virevolter dans une valse de Strauss. Nous sommes à Vienne, capitale autrichienne. Yaroslav, commissaire de bord du MS Beethoven , l’un des superbes paquebots de la compagnie CroisiEurope, accueille ses passagers. Maîtrisant plusieurs langues parfaitement, Yaroslav a un petit mot gentil pour chacun en remettant les clés/cartes des cabines. Puis, nous nous retrouvons dans la salle à manger pour le cocktail de bienvenue et la présentation de l’équipage. Les repas sont servis à table et s’inspirent des spécialités des pays traversés. Sur la table joliment dressée, le menu indique les divers plats proposés. Le temps d’un agréable dîner où chacun fait connaissance, le navire est prêt à larguer les amarres pour remonter le cours du fleuve, direction Melk où nous nous réveillons sous un soleil léger, après une navigation de nuit.

Vue sur la vieille ville de Melk.

Vue sur la vieille ville de Melk.

Melk, joyau de la Wachau

L’abbaye de Melk est sans doute le lieu le plus connu et le plus visité de toute la vallée. Elle a d’ailleurs inspiré Umberto Eco pour son livre Le Nom de la rose (l’un des héros se nomme Adso de Melk).

En pénétrant dans l’enceinte de l’abbaye de Melk, on est frappé par la beauté de sa façade.

En pénétrant dans l’enceinte de l’abbaye de Melk, on est frappé par la beauté de sa façade.

Considéré comme un chef-d’œuvre de l’architecture baroque autrichienne, ce vaisseau de pierre se dresse fièrement sur un éperon rocheux au bord du fleuve. Petite fortification construite par les Romains, château sous la dynastie des Babenberg, Léopold II fait de son château fort une abbaye bénédictine en 1089. Depuis cette date, les moines y maintiennent vive la mémoire de Saint Coloman, fils du roi d’Irlande qui souffrit le martyre en 1012 parce qu’il fut soupçonné d’espionnage en raison de sa langue et de ses vêtements qui le désignaient comme étranger. Ses ossements sont conservés dans l’abbatiale. Au fil du temps, les miracles du Saint vont faire la renommée du lieu. Considérée comme l’un des centres spirituels et culturels les plus rayonnants d’Autriche, l’abbaye de Melk fut le témoin d’une histoire mouvementée – Réforme et Contre Réforme – dont elle ne ressortit pas indemne. Reconstruite au début du XVIIIe siècle, l’abbaye incarne l’un des plus beaux édifices du baroque autrichien à son apogée. La magnificence des façades nous ferait presque oublier qu’on se trouve dans un lieu dédié à la prière.

Escalier en colimaçon de l’abbaye de Melk, joyau de l’art baroque.

Escalier en colimaçon de l’abbaye de Melk, joyau de l’art baroque.

Que ce soit par la richesse des décors, ou par la profusion des ornementations, même le visiteur le plus difficile ne pourra s’empêcher d’être fasciné par le grandiose qui s’offre à ses yeux, que ce soit dans l’abbatiale, les appartements impériaux (où Napoléon résida à deux reprises durant ses campagnes), la fastueuse salle de marbre, ou les escaliers notamment celui en colimaçon qui relie la bibliothèque à l’église.

La bibliothèque, est considérée comme l’une des plus somptueuses au monde. Sans oublier la terrasse qui offre une vue superbe sur la vallée.

Bibliothèque baroque de l’abbaye de Melk.

Bibliothèque baroque de l’abbaye de Melk.

Sur les pas de Richard Cœur de Lion

Pendant le déjeuner, le bateau reprend sa descente de la Wachau, vallée vinicole classée au Patrimoine mondial de l’Unesco, pour atteindre la bourgade médiévale de Dürnstein. Les vignes artistiquement aménagées sur des terrasses soutenues par des murs de pierres sèches ondulent sur les coteaux bordant le fleuve. Nous sommes dans le verger de l’Autriche, le pays où l’abricot (Marille en autrichien) est roi. Récolté fin juillet, ce fruit est au cœur de nombreuses préparations culinaires, comme nous le constaterons à Dürnstein. Considéré comme la perle de cette vallée danubienne, le village est dominé par les ruines de la fameuse forteresse où le roi Richard Cœur de Lion fut emprisonné à son retour de croisade.

Vignoble et ruines de la forteresse de Dürnstein.

Vignoble et ruines de la forteresse de Dürnstein.

 

Un sentier permet de grimper jusqu’aux ruines du château d’où l’on découvre une superbe vue sur la vallée du Danube.

Au cœur du village, on découvre l’abbaye des Augustins et la Stiftskirche. Flanquée de son élégant clocher baroque bleu-ciel – un des principaux emblèmes de la Wachau – elle séduit d’emblée par la profusion et la richesse de ses décors.

L’élégant clocher baroque de l’église de Dürnstein est un des principaux emblèmes de la Wachau.

L’élégant clocher baroque de l’église de Dürnstein est un des principaux emblèmes de la Wachau.

La localité a conservé en grande partie son aspect médiéval. Seule ombre au tableau, elle est très touristique ; en fait pratiquement tout le monde vit ici du tourisme, d’où la multitude d’échoppes de souvenirs (beaucoup d’objets made in India), de spécialités locales à base d’abricots et de restaurants.

En fin d’après-midi, le bateau quitte le port pour sa prochaine destination : Bratislava en Slovaquie. Notre navire glisse doucement sur ce majestueux cours d’eau qui constitue, tant du point de vue de la civilisation que de la géographie, un trait d’union sans pareil entre l’Occident et l’Orient. Nous optons pour le pont soleil, poste stratégique pour observer la circulation fluviale. On croise de nombreux bateaux de plaisance et des barges chargées de sable qui traînent dans leur sillage toute la rudesse des travaux et des jours.

Cerné de collines boisées et de petits châteaux accrochés à leurs flancs, le Danube s’étire jusqu’à Krems pour s’étaler plus aval dans la vallée et se diviser en bras multiples autour d’îlots plantés de saules.

Farniente sur le pont soleil.

Farniente sur le pont soleil.

Presbytère de Schönbühel.

Presbytère de Schönbühel.

En vérité, le Danube n’est pas aussi bleu que l’opérette le laisse entendre. Dans sa partie autrichienne les flots sont d’un vert sombre et profond, reflets des frondaisons qui s’y noient. Allongés sur des transats, d’anciens élèves d’une grande école devisent gaiement, un verre de chardonnay à la main. Tandis que d’autres passagers retrouvent l’ennui qu’ils espéraient laisser chez eux. Au soir tombant, nous atteignons l’écluse d’Altenwörth, un ouvrage impressionnant (230 m x 24 m) qui fait se presser les passagers sur le pont.

L’écluse d’Altenwörth est un ouvrage de 230 m x 24 m.

L’écluse d’Altenwörth est un ouvrage de 230 m x 24 m.

Pendant la navigation de nuit, nous passerons celle toute aussi imposante de Greifenstein.

Sous le charme de Bratislava

L’ancienne Presbourg, capitale de la Slovaquie depuis 1993, séduit avec ses airs de provinciale et sa vieille ville ponctuée d’influences autrichiennes, hongroises, tchèques et bien sûr slovaques. Le château du IXe siècle a été brûlé en partie lors d´un incendie en 1811 et reconstruit dans sa forme originale dans les années 1960.

Le château de Bratislava a été reconstruit dans les années 1960.

Le château de Bratislava a été reconstruit dans les années 1960.

Du haut de la colline où il est perché, on jouit d’une belle vue sur le Danube et sur une cité peu radieuse des années communistes : Petrajalka, la plus grande cité dortoir d’Europe. Nous n’aurons que quelques heures pour flâner dans les petites rues du vieux centre et découvrir ses maisons aux teintes pastel et ses églises baroques. Sur la place, devant le siège de l’ambassade de France, veille la statue d’un soldat napoléonien. Facétie slovaque pour rappeler que les armées de Napoléon tirèrent au canon sur la ville pour qu’elle leur ouvre ses portes ? Sur la place Primatiale, on admire l’ancien palais épiscopal, aujourd’hui mairie de Bratislava, qui abrite la fameuse salle aux Miroirs où fut signée, en 1805, la paix de Presbourg entre la France et l’Autriche, trois semaines après la bataille d’Austerlitz. Magnifique bâtisse classique, elle jouxte le plus ancien édifice de la ville : la mairie du XIVe siècle, avec sa cour dallée ceinte d’arcades, qui abrite le musée de la ville.

L’Hôtel de ville de Bratislava est une fascinante mosaïque de styles différents dont la partie la plus ancienne remonte au XIVème siècle.

L’Hôtel de ville de Bratislava est une fascinante mosaïque de styles différents dont la partie la plus ancienne remonte au XIVème siècle.

Enfin, n’oublions pas de saluer la figure de Cumil, plus connu sous le nom de « Man at work ». Cette statue insolite au sourire malicieux, créée par Victor Hulík en 1997, est aussi prisée des touristes que des habitants.

Cumil est-il en passe de sortir de son égout, de se reposer, ou de regarder sous les jupes des filles ?

Cumil est-il en passe de sortir de son égout, de se reposer, ou de regarder sous les jupes des filles ?

De retour au bateau, nous partons pour une longue navigation vers la Hongrie que nous atteignons le lendemain matin. C’est là, un peu en aval de la Morava, que se déroule le véritable Danube hongrois. « Il y prend des allures de grand fleuve, après n’avoir guère été que rivière dans sa traversée de l’Autriche », notait Jules Verne dans Le secret de Wilhelm Storitz. Sinuant dans un relief peu élevé, le fleuve s’élargit et dessine d’innombrables îles et hauts fonds où s’échouent de nombreux troncs d’arbre. Ses rives sont changeantes, le courant tantôt les ronge, tantôt leur apporte des alluvions. L’essentiel du Danube se retrouve ensuite canalisé côté slovaque entre de hautes digues qui encadrent un fleuve large maintenant de 500 mètres, dompté et calmé par de puissants barrages dotés d’écluses atteignant 20 mètres de haut. Telle celle de Gabcikovo qui mesure 280 m de long et 34 m de large et permet à 6 bateaux de croisières de passer d’un bief à l’autre en même temps.

De la passerelle ou depuis le bateau, l’écluse de Gabcikovo est une attraction à ne pas rater.

De la passerelle ou depuis le bateau, l’écluse de Gabcikovo est une attraction à ne pas rater.

Après l’écluse, on glisse lentement entre des berges naturelles densément boisées. Quelques cahutes de pêcheurs et des maisonnettes coquettes, montées sur barge flottante pour s’adapter aux crues parfois fortes, accueillent des familles le week-end.

Au carrefour de l’Occident et de l’Orient

« L’Orient commence aux portes de Vienne », disait Metternich en évoquant la Hongrie. Il est vrai que ce pays grand comme trois fois la Belgique ressemble par certains aspects à l’Autriche, (qui l’a occupée une cinquantaine d’années), tout en ouvrant déjà la porte vers un autre monde aux résonances orientales. L’occupation turque a ainsi laissé à la Hongrie le goût du café, du paprika, des bains et même quelques mosquées.

À l’entrée dans la plaine de Haute-Hongrie qui s’ouvre entre les derniers contreforts des Alpes et ceux des Carpates, le fleuve a 292 m de largeur et environ 6 m de profondeur. Le flux s’enfle sur sa gauche des eaux d’importants affluents venus des Carpates telles la Vah et la Neutra ; à droite, les Alpes lui envoient la Leitha et la Raab ; d’innombrables petits bras du fleuve serpentent dans la campagne et se jettent dans la Vah, la Leitha et la Raab qui les ramènent au Danube en formant ainsi de grandes îles divisées elles-mêmes en petits îlots.

Nous débutons notre traversée hongroise par une escale à Kalocsa une ville de 18 000 habitants sur la rive gauche du Danube à 110 km au sud de Budapest. Surnommée la ville du paprika, Kalocsa est également célèbre pour sa broderie que les femmes d’ici élèvent au rang d’art. On retrouve ces broderies sous forme de bouquets multicolores sur les jupes et corsages des belles locales.

Jeune fille portant un costume avec des broderies traditionnelles de Kalocsa.

Jeune fille portant un costume avec des broderies traditionnelles de Kalocsa.

Un bus nous emmène dans la Puszta, une vaste étendue de plaines et de marécages. L’utilisation traditionnelle des terres pour le pâturage des animaux domestiques y a été perpétuée par une société pastorale pendant plus de deux mille ans. Dans une des fermes, on assiste à un spectacle équestre mené par des « csikós », ces célèbres cavaliers hongrois.

Les csikos sont les inventeurs de la célèbre poste hongroise : un cavalier conduit un attelage composé de six, voire dix chevaux, debout sur la croupe des deux derniers.

Les csikos sont les inventeurs de la célèbre poste hongroise : un cavalier conduit un attelage composé de six, voire dix chevaux, debout sur la croupe des deux derniers.

On nous accueille avec de l’eau de vie, appelée « pálinka », et quelques pâtisseries. Après le spectacle les participants ont l’opportunité de faire un tour en chariot dans la puszta et de découvrir les chevaux et autres animaux de la ferme. En octobre, on peut observer des dizaines de milliers de grues cendrées voler au-dessus des prairies de ses pâturages verdoyants.

En revenant au bateau pour une longue navigation qui nous emmènera dans la capitale hongroise, nous revoyons les images des ces Csikos, descendants des guerriers magyars venus de l’Oural et de la Volga, qui se sont emparés de cet immense territoire pour y élever en semi-liberté les Nonius, à l’origine des demi-sang normands volés aux troupes napoléoniennes lors la retraite de Russie.

Un dîner de gala, servi par des garçons et des serveuses en costume traditionnel hongrois nous attend. (Dans chaque pays que nous traversons, l’équipe du restaurant adopte le costume local).

Les serveuses revêtent le costume traditionnel de chaque pays traversé.

Les serveuses revêtent le costume traditionnel de chaque pays traversé.

Au menu, une délicieuse goulash et une Dobos torta, fameux gâteau au chocolat dont le dessus est caramélisé. Le tout arrosé du vin rouge local dénommé « sang de taureau ».

Budapest, la reine des villes du Danube

Budapest est sans doute l’une des plus belles capitales d’Europe centrale. En tout cas, la plus illuminée. En la sillonnant de nuit sur le Danube, on ne peut qu’être ébloui par ces jeux de lumières qui lui confèrent un côté très poétique. À commencer par le Parlement de style néo-gothique.

Parlement de Budapest de nuit.

Parlement de Budapest de nuit.

Ses salles abritent la couronne de l’ancien royaume d’Autriche-Hongrie. Symbole de son patrimoine, le Pont de Chaînes, premier pont permanent qui fut l’une des merveilles de son époque, est enjambé par deux arcs de triomphe et gardé par deux lions de pierre à chaque tête. Il relie les rives de Buda et de Pest depuis 1849.

Formée de trois agglomérations – Buda, Obuda et Pest – la ville va se transformer au tournant du 18e et du 19e siècle pour se fondre en une seule métropole. Née d’un camp romain fortifié sur le limes (fortifications établies le long de certaines des frontières de l’Empire romain) danubien – Aquincum –, la cité fut successivement romaine, avare (peuplade turque), slave, magyare, mongole, angevine, ottomane et habsbourgeoise ! En 1873, nait la capitale de la Hongrie, au sens administratif du terme. L’unification favorise son développement : palais particuliers de style néo-renaissance, hôtels art nouveau, théâtres néoclassiques viennent s’intégrer au décor romantique des collines alentours et de son fleuve roi.
Aux pieds du château de Buda, les bains Gellert, un bijou Art nouveau, sont nichés dans un somptueux palace. Seule capitale au monde à disposer de sources d’eau thermale, la ville recèle de nombreux établissements thermaux dont certains datent de l’époque ottomane comme les thermes Rudas ou Széchenyi.

De style néorenaissance, les bains Széchenyi sont l'un des plus grands centres balnéaires d'Europe et les premiers bains thermaux de Pest.

De style néorenaissance, les bains Széchenyi sont l’un des plus grands centres balnéaires d’Europe et les premiers bains thermaux de Pest.

Les bains font véritablement partie de la vie quotidienne des Budapestois. Peu onéreux, un détour par ces lieux est donc un agréable plaisir que peuvent s’offrir les touristes tout en s’imprégnant de la réalité du pays ! Du bastion des Pêcheurs, forteresse néo-romane, nous admirons la vue sur le Danube, avant d’atteindre l’église Mathias, lieu des couronnements royaux.

Vue du Bastion des pêcheurs, construit pour les célébrations du Millénaire de la Hongrie.

Vue du Bastion des pêcheurs, construit pour les célébrations du Millénaire de la Hongrie.

Le château royal connut son heure de gloire avec Mathias Corvin. Il fut entièrement reconstruit par les Habsbourg sur les vestiges du château des Angevins, découverts lors des bombardements de la seconde guerre mondiale.

Esztergom, première capitale du royaume de Hongrie

Une journée ne suffit pas pour voir toutes les merveilles de Budapest et s’imprégner de son atmosphère si fascinante. Mais l’ancienne capitale du pays du Xe au XIIIe siècle, Esztergom, nous attend. Elle est située à une soixantaine de km de Budapest, à l’extrémité du coude du Danube servant de frontière naturelle avec la Slovaquie. Dunakanyar, Donauknie en allemand (le genou du Danube) est le mot hongrois pour désigner l’inflexion que prend le fleuve après Esztergom, quand il vire plein sud vers Budapest. Lieu de naissance et de couronnement de Szent István, premier roi chrétien de Hongrie (baptisé en 1001), cette ville, qui tient une place particulière parmi les cités hongroises, est aussi le siège de l’Eglise catholique du pays. La basilique, inspirée de Saint Pierre de Rome, bâtie dans le style de la Renaissance italienne, est considérée comme la plus belle église du pays.

La basilique d’Esztergom est considérée comme la plus belle église de Hongrie.

La basilique d’Esztergom est considérée comme la plus belle église de Hongrie.

Vienne, capitale du Saint Empire Romain-germanique

Le bateau poursuit sa remontée du Danube pour sa dernière escale : Vienne. Jouant avec les fastes de sa gloire impériale, la capitale autrichienne offre le plus bel ensemble de l’architecture historiciste au monde. Temples grecs, colonnades néoclassiques, façades Art Nouveau cohabitent sans complexe. Le Ring (boulevard circulaire) protège la mémoire de Vienne qui s’est largement confondue avec celle de la dynastie des Habsbourg.

Situé au cœur de la ville, l’opéra de Vienne compte parmi les plus renommés du monde.

Situé au cœur de la ville, l’opéra de Vienne compte parmi les plus renommés du monde.

Nous débutons notre visite par le château de Schönbrunn, classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1996.

Façade du château de Schönbrunn, vue depuis la cour d’honneur.

Façade du château de Schönbrunn, vue depuis la cour d’honneur.

Ce palais qui se veut le Versailles autrichien est d’un intérêt indéniable. La personnalité de l’empereur François-Joseph 1er d’Autriche est indissociable de ce château, de même que celle de son épouse l’Impératrice Elisabeth, plus connue sous le nom de Sissi. Celle-ci a tant marqué l’imaginaire des petites filles qu’une fois adultes, elles viennent se faire photographier sur son grand escalier en robe de mariée. Surprenant quand on sait qu’Elisabeth de Wittelsbach était une femme libre qui ne prisait guère les cérémonies et apparats. On y évoque de nombreux faits historiques : l’enfance de notre Marie-Antoinette, Mozart, Napoléon 1er, Austerlitz (1805), Wagram (1809) Puis le congrès de Vienne (1814) qui consacre le triomphe temporaire de Metternich, Le duc de Reichstadt, (l’Aiglon) y séjourna et y mourut. À l’intérieur, le style rococo très cher à l’Impératrice prédomine. Quant aux jardins, ils sont parfaitement ordonnancés. La gloriette, perchée sur la colline qui fait face au palais, vaut le détour.

Gloriette du château de Schönbrunn, avec ses arcades néoclassiques.

Gloriette du château de Schönbrunn, avec ses arcades néoclassiques.

Construite en 1775 par Ferdinand de Hohenberg, elle commémore la victoire de Marie-Thérèse sur les armées prussiennes de Frédéric II. Un sévère coup porté à l’honneur et à la misogynie du Kaiser. Depuis 1996, la Gloriette abrite un café dans la plus pure tradition viennoise.

Mais Schönbrunn ne devait être qu’une résidence d’été. Le château de Vienne, celui des Habsbourg, c’est la Hofburg, le centre politique de la monarchie. Aujourd’hui, la Hofburg continue à remplir cette même fonction. Et abrite de nombreuses institutions culturelles dans cet extravagant complexe architectural qui comprend 19 cours et 18 ailes : de l’École d’équitation espagnole à la Bibliothèque nationale autrichienne en passant par le musée Sissi. Bref, un après-midi est bien trop court pour en faire le tour.

Nous terminerons donc notre flânerie viennoise par une pause dans les allées du Naschmarkt, le meilleur quartier pour jauger le cosmopolitisme très Mitteleuropa de la cité. Avec près de 120 étals, bars et restaurants, le marché viennois le plus ancien attire chaque soir jeunes et moins jeunes pour boire une bière et manger un morceau. Quand on trouve de la place …

Cet article est paru dans le n° 250 du magazine Fluvial : www.fluvialnet.com

Texte et Photos : Brigitte Postel

Pratique

Les perles de l’Empire austro-hongrois
Croisieurope propose une croisière de 8 jours (port à port) au départ de Vienne qui permet de visiter les principales villes de l’Empire austro-hongrois : Vienne, Melk, Dürnstein, Budapest, Esztergom, Bratislava. Un voyage qui permet, de palais baroques en monastères, de découvrir l’intimité de l’Europe et de voguer sur son deuxième plus grand fleuve après la Volga : le Danube. Miroir du Saint-Empire Romain Germanique, les cités qui le bordent témoignent de la riche histoire qu’il a accompagnée. Cette belle navigation dévoile un fleuve aux paysages variés qui sinue de vignobles en collines verdoyantes rythmées de petits châteaux et de monastères, avant de s’épancher dans la forêt alluviale où nichent de nombreux échassiers.
Le bateau – MS Beethoven – peut accueillir 180 passagers sur trois ponts. Rénové en 2010, le navire dispose d’un salon de 180 places avec piste de danse, pianorama bar, salle à manger, grand pont soleil avec transats, boutique, ascenseur. Dès l’embarquement on est séduit par le cadre confortable et convivial, le charme et l’authenticité de ce bateau au décor soigné. Les cabines sont spacieuses et le personnel francophone et anglophone très attentionné. Outre les excursions (facultatives), de nombreuses activités sont proposées aux croisiéristes. À partir de 1045 euros. Tél. : 08 26 10 12 34
http://www.croisieurope.com/croisieres/les-perles-de-lempire-austro-hongrois-2014

Quand y aller ?
La période la plus propice pour réaliser une croisière sur le Danube se situe entre le mois de mars et le mois d’octobre. Pendant cette saison, le soleil est au rendez-vous et la température reste agréable.

Lire
Croisière sur le Danube 2014 Petit Futé (avec photos et avis des lecteurs)
Destiné à tous les voyageurs qui partent en courts séjours et recherchent un guide complet au meilleur prix. Richement illustré, ce guide propose surtout des informations culturelles et de découverte. Il est le compagnon idéal pour comprendre le pays et profiter au mieux de son séjour. Vous y retrouverez toutes les bonnes adresses et tous les bons plans pour optimiser votre séjour.

Danube, Claudio Magris, éd. Folio Gallimard.