Devant le temple d’Apédémak, on remarque un monument étrange, un « kiosque » dont l’architecture traduit des influences romaines, méroïtiques et égyptiennes. Depuis la découverte d’un chapiteau sculpté à l’image de la déesse Hathor, ce sanctuaire est dorénavant appelé « chapelle d’Hathor ».

Le « kiosque » romain est un monument singulier dans tout le royaume de Méroé. Datée du 1er siècle après J. C., cette chapelle est considérée comme une encyclopédie architecturale servant à illustrer les relations entre Méroé et le bassin méditerranéen.

Le « kiosque » romain est un monument singulier dans tout le royaume de Méroé. Datée du 1er siècle après J. C., cette chapelle est considérée comme une encyclopédie architecturale servant à illustrer les relations entre Méroé et le bassin méditerranéen.

En s’enfonçant dans les steppes arides de la Butana, on croise des nomades Bisharin qui font paître leurs chèvres dans le lit d’un oued asséché. Les femmes, belles et farouches sous leurs voiles de couleurs vives, construisent des huttes éphémères d’acacia et se sauvent dès qu’un homme approche.

Les nomades Bisharin vivent en petits groupes isolés et se déplacent à dos de dromadaire.

Les nomades Bisharin vivent en petits groupes isolés et se déplacent à dos de dromadaire.

Quelques km plus loin, le sanctuaire de Mussawarat-Es-Soufra abrite un vaste ensemble d’édifices cultuels ainsi que des bâtiments dont les archéologues pensent qu’ils servaient à l’élevage d’animaux sauvages pour les chasses royales et d’éléphants dressés à l’art de la guerre, comme en témoigne un temple dit « de l’Éléphant ».

Moussawarat es-Soufra. Détail du relief du mur extérieur du temple d’Apédémak : le roi Arnékhamani et un prince, protégés par la déesse Isis, adorant le dieu lion Apédémak.

Moussawarat es-Soufra. Détail du relief du mur extérieur du temple d’Apédémak : le roi Arnékhamani et un prince, protégés par la déesse Isis, adorant le dieu lion Apédémak.

Retour par le désert. Le regard s’évade sur l’infini d’une plaine de sable ocré. Des mirages bleutés tremblent sous le frisson du vent chaud que l’on nomme samoum. Et nous nous laissons conter l’histoire merveilleuse et méconnue de ces rois au visage brûlé qui ont régné sur la Nubie et l’Egypte pendant un siècle à partir de 747 avant notre ère : les pharaons noirs.

Copyright Texte et Photos : Brigitte Postel